Transports étudiants et déplacements individuels : du poste de dépense à la mobilité inclusive
Le transport scolaire coûte de plus en plus cher. La mobilité inclusive commence par l'apprentissage de l'autonomie aux déplacements.

Les municipalités sont sous pression.
Les coûts du transport scolaire augmentent, les budgets sont sous tension et, parallèlement, un impératif sociétal s'impose : les personnes handicapées doivent pouvoir participer pleinement à la vie sociale. La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées appelle non pas à de bonnes intentions, mais à des mesures concrètes en faveur de l'accessibilité, de l'autonomie et de la participation.
La vision virtuelle est utile précisément à ce point d'intersection.
Mais il nous faut alors envisager le transport scolaire différemment. Non seulement comme un service logistique, mais aussi comme une occasion d'enseigner aux élèves des compétences qui renforcent leur autonomie.
Le transport scolaire : une catégorie en constante expansion
Le transport scolaire représente une dépense importante et difficile à gérer pour de nombreuses municipalités. Parallèlement, la pression s'accroît sur l'enseignement spécialisé et les infrastructures qui l'entourent.
Le nombre d'élèves scolarisés dans l'enseignement secondaire spécialisé est en augmentation depuis des années. Le rapport 2024 sur les transports scolaires indique qu'au cours de l'année scolaire 2023/2024, environ 75 000 élèves ont utilisé les transports en commun municipaux. Une grande partie de ces déplacements s'est effectuée à bord de véhicules adaptés, tels que des minibus et des taxis.
Ce mode de transport est souvent sûr et fiable. Mais il est aussi coûteux.
D'après le rapport d'Oberon sur les transports scolaires, le coût moyen du transport s'élève à 3 978 € par élève et par an. En 2021, ce coût était de 3 272 €. On constate donc une nette augmentation des dépenses par élève.
Pour les élèves qui ne pourront jamais se déplacer seuls, les transports adaptés restent indispensables. Cependant, certains élèves pourraient apprendre à le faire, à condition de s'entraîner en toute sécurité, étape par étape et avec un accompagnement adéquat.
C'est là que réside l'opportunité.
Tant que les déplacements autonomes ne sont pas pratiqués, les transports adaptés restent souvent la norme. Non pas toujours par nécessité, mais parce qu'il n'existe pas d'alternative sûre entre les transports entièrement dépendants et l'utilisation autonome des transports publics.
Le point de départ n'est pas de supprimer progressivement le transport scolaire pour les élèves qui en ont besoin.
Le point de départ est d'offrir aux élèves qui y sont prêts une voie sûre vers une plus grande autonomie.
La Convention des Nations Unies : non pas un supplément, mais un mandat
Les Pays-Bas ont ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées en 2016. Cette convention couvre bien plus que l'accessibilité physique.
L’article 9 concerne l’accessibilité, notamment les transports. L’article 19 concerne l’autonomie et la participation à la vie sociale, avec un soutien approprié si nécessaire.
Pour les municipalités, cela signifie que le transport scolaire n'est pas seulement une question de transport. Il touche également à l'inclusion, à la participation et à l'autonomie.
Pour les provinces, cela a un lien direct avec la mobilité inclusive. L’accessibilité des transports publics ne se limite pas aux véhicules, aux arrêts et à l’information sur les déplacements ; elle concerne aussi la confiance et les compétences nécessaires des usagers pour utiliser efficacement les transports en commun.
La question n'est donc pas seulement : qui doit être transporté de A à B ?
La question pertinente est plutôt : quels élèves peuvent apprendre à se rendre d'un point A à un point B par leurs propres moyens ?
Deux problèmes, une seule approche
C’est précisément là que la réalité virtuelle entre en jeu.
Virtual OV est un environnement d'apprentissage en réalité virtuelle permettant aux jeunes neurodivergents de s'entraîner en toute sécurité à utiliser les transports en commun. Cela inclut la montée, la descente, les correspondances, la gestion des foules, la possibilité de poser des questions et de réagir aux situations imprévues.
Les étudiants peuvent d'abord s'entraîner en toute sécurité à affronter les situations potentiellement stressantes ou angoissantes des transports en commun. Ils peuvent le faire autant de fois que nécessaire, grâce à un accompagnement, des répétitions et des mises en situation réalistes.
Il n'en résulte pas que chaque étudiant voyagera de manière indépendante. Ce serait une promesse trop simpliste.
Le résultat est que vous identifiez les élèves qui ont le potentiel de voyager de manière plus autonome et que vous leur apportez un soutien ciblé pour franchir cette étape.
À Heliomare, à Alkmaar, nous avons pu constater concrètement ce que cela implique. À l'invitation de Jeroen Olthof, membre du Conseil exécutif provincial, trois élèves ont voyagé seuls en train jusqu'au bâtiment du gouvernement provincial à Haarlem après une formation en réalité virtuelle. Leurs enseignants les ont accompagnés pour superviser le voyage. Les élèves ont finalement effectué le trajet eux-mêmes.
C’est précisément le changement dont les municipalités et les provinces ont besoin : passer d’une dépendance structurelle à une plus grande indépendance progressive.
Ce que cela signifie pour les municipalités et les provinces
Les transports publics virtuels ne remplacent pas les transports scolaires.
Il s'agit d'un complément destiné aux étudiants qui pourraient apprendre à voyager de manière autonome ou avec moins de supervision, mais qui n'ont jamais pu le faire en toute sécurité.
Pour les municipalités, cela peut donner trois résultats :
- une plus grande autonomie pour les jeunes qui dépendent actuellement de transports adaptés
- une meilleure justification des politiques d'inclusion et de participation
- À long terme, cela réduira la pression sur les transports scolaires, car certains élèves apprendront à se déplacer de manière plus autonome
Pour les provinces, le transport public virtuel peut contribuer à concrétiser la mobilité inclusive. Non seulement il permet de rendre les transports publics plus accessibles, mais il offre également la possibilité de s'exercer à les utiliser en toute sécurité. Il crée ainsi un lien pratique entre les transports destinés à des groupes cibles spécifiques, le secteur de l'éducation, les municipalités, les opérateurs de transport et les transports publics réguliers.
De plus, cet investissement est évolutif. Un seul système de réalité virtuelle peut être utilisé par plusieurs élèves, classes et potentiellement par des aidants. Les écoles et les aidants peuvent gérer la mise en œuvre quotidienne. Les municipalités et les provinces peuvent faciliter, cofinancer ou intégrer le transport public virtuel dans une approche plus globale du transport inclusif et de l'autonomie.
Les transports publics virtuels sont déjà déployés en Hollande-Septentrionale, dans le Brabant-Occidental et, en partenariat avec Transdev, à Hoeksche Waard/Goeree-Overflakkee. Dans chaque région, la même question se pose : faut-il continuer à privilégier l’organisation des transports ou investir également dans les compétences qui permettent aux citoyens de se déplacer plus librement ?
Du centre de coûts à l'investissement préventif
Les municipalités et les provinces devront faire des choix difficiles dans les années à venir. Le transport scolaire, l'accessibilité et les transports publics inclusifs soulèvent tous la même question : devons-nous continuer à organiser les services principalement une fois la dépendance installée, ou devons-nous plutôt investir dans des compétences qui favorisent l'autonomie ?
C’est donc le moment idéal pour revoir le transport scolaire.
Non seulement comme une dépense annuelle récurrente, mais aussi comme un domaine où une politique préventive est possible. En permettant aux étudiants qui en ont la possibilité de voyager seuls en toute sécurité, une approche plus justifiable sur les plans social et financier se dessine.
La Convention des Nations Unies appelle à prendre des mesures en faveur de l'accessibilité et de la participation.
Les budgets municipaux et provinciaux exigent des choix judicieux.
Les transports publics virtuels relient ces deux zones.
Souhaiteriez-vous explorer ce que les transports publics virtuels pourraient apporter à votre municipalité ou à votre région ?











